La gratitude est une force

Nous entendons beaucoup d’injonctions vides de sens sur le fait d’éprouver de la gratitude, et beaucoup d’insistance pour que nous nous rendions compte de la chance que nous avons.

Ce message selon lequel nous « devrions » être reconnaissante a dilué le concept de gratitude au point qu’il peut sembler un peu cliché aujourd’hui.

Mais que se passerait-il si nous redonnions à la gratitude son pouvoir ?

Et si nous mettions la gratitude à l’œuvre, non pas dans nos moments d’abondance, mais dans nos moments de désespoir et de lutte ?

Cette simple pratique de l’attention et de la gratitude permet de traverser des périodes vraiment difficiles comme la douleur chronique, la maladie ou la mort d’êtres chers, la dépression, les ruptures… Elle est alors là, comme un phare au milieu de la tempête de la vie…

S’entraîner à être reconnaissante peut également clarifier nos priorités d’une manière intéressante. 

Comment commencer une pratique simple de la gratitude ?

Commencer par dresser une liste de trois choses dont vous êtes reconnaissante chaque jour pendant trois semaines (oui il faut effectivement commencer par travailler un peu !). À la fin de cette période, passez en revue votre liste. Si vous êtes reconnaissante pour le temps que vous avez passé dans votre jardin ou à discuter avec des amis, noter l’importance du rôle qu’ils jouent dans votre vie. Et comparer ce temps avec celui passé sur Netflix ou les réseaux sociaux par exemple, moins gratifiant peut-être pour vous… Et sachez en tirer la conclusion qu’il est temps d’inverser les temps impartis à chaque moment.

La gratitude vous aide à créer une habitude positive. Si vous cultivez un état d’esprit consistant à dénigrer tout ce qui ne va pas, cela deviendra, avec le temps, votre réglage par défaut. Cela crée dans le cerveau des voies neuronales de négativité et de critique, même envers vous-même. 

Et si au contraire, votre réglage par défaut était la gratitude ?

Cela pourrait signifier remplacer les pensées négatives à votre égard ou à l’égard des autres en trouvant quelque chose de positif sur lequel se concentrer. Ou encore, au lieu de tomber dans le piège du « pas assez » et d’aller faire du shopping, vous regarderiez simplement autour de vous tout ce que vous avez. Apprécier profondément ce que nous avons déjà devient une telle habitude que ces voix du « pas assez » auront de moins en moins d’importance, et votre consommation deviendra de plus en plus consciente et source de joie durable.

Même si nous ne pouvons pas toucher la félicité dans l’instant présent -car c’est parfois très difficile- nous pouvons cultiver une pratique de la gratitude qui nous permet de garder le rivage à portée de vue, même lorsque nous dirigeons notre bateau dans une mer agitée. Croyons en la gratitude : non pas comme un cliché, mais comme un moyen de renverser toute pensée selon laquelle ce que nous avons, et ce que nous sommes, n’est pas suffisant. C’est une manière de faire pivoter notre esprit du négatif vers le positif.

La gratitude comme un phare

La gratitude est une force qui nous permet de revendiquer notre propre valeur et notre plénitude, même dans les moments de désespoir. 

Il peut parfois être difficile de se rappeler pourquoi nous nous donnons la peine de le faire, car la dépression peut jouer des tours à notre esprit, et le monde lui-même peut sembler écrasant.

La gratitude permet de se rappeler pourquoi nous nous battons pour un monde plus compatissant, et pourquoi nous continuons à faire face à l’impossible.

Puiser dans la gratitude nous nourrit au milieu d’un moment difficile offrant un répit bienvenu à l’inquiétude.

C’est une façon de puiser dans ce qui est bon, afin de pouvoir continuer sur le long terme. La gratitude nous donne une perspective plus élevée, ce qui nous permet de ne pas nous laisser submerger par les détails de la vie quotidienne. 

La gratitude nous donne une vue d’ensemble de notre existence.

Si nous ne regardons que la prochaine étape, nous risquons de passer à côté de la vue d’ensemble. Cette vue d’ensemble nous donne la capacité d’avancer vers quelque chose de merveilleux, même si le chemin qui se trouve juste devant nous est précaire et périlleux.

La gratitude comme une fête

Nous ne prenons pas assez le temps de célébrer. La gratitude est une façon de s’organiser tranquillement une fête. Elle n’a pas besoin d’être grande ou voyante mais remercier pour ce qui va bien peut être très puissant (un simple verre en bonne compagnie, ou une danse de la joie peut être suffisant).

Nous avons tendance à trop penser et à trop analyser ce qui pourrait aller mieux. La gratitude nous redonne une partie de cette marge de manœuvre pour célébrer ce qui se passe. De même, lorsqu’il vous arrive quelque chose de vraiment bien, combien d’entre nous sont-elles prises du syndrome de l’imposteur : « je ne le mérite pas » ou d’inquiétude : « que va-t-il se passer après ? ». Le futur n’existe pas et vous méritez ce qui vous arrive, célébrez le présent comme étant la seule vérité. 

A vous de jouer

Cela peut paraître simple. Ça l’est et ça ne l’est pas. La gratitude demande du cran et de la ténacité. Il peut être facile d’abandonner la gratitude lorsque les choses se compliquent et qu’il n’y a apparemment pas d’éclaircies.

Cela dit, si vous faites de la gratitude une habitude dès maintenant, cela vous sera d’autant plus facile d’y puiser dans les moments difficiles.

À l’échelle mondiale, les choses peuvent sembler plutôt sombres, mais la gratitude peut être notre phare et nous indiquer la direction de l’espoir et de la compassion, si nous la laissons faire.